Six lacs de Savoie où l’eau change de couleur avec l’altitude
21 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Auvergne-Rhône-Alpes · Savoie
En Savoie, les lacs d’altitude ne se contentent pas de refléter le ciel : ils jouent avec la lumière, la roche et la végétation pour offrir des nuances qui évoluent du bleu profond au vert émeraude, en passant par des gris minéraux. Voici six plans d’eau où la montagne se regarde dans un miroir qui n’appartient qu’à elle.
1. Lac des Creux – Courchevel
À 2 100 mètres, ce petit lac de poche se niche dans un cirque de falaises calcaires, comme un secret bien gardé entre les pistes de Courchevel 1850 et les alpages. L’eau y prend une teinte laiteuse, presque opaque, due aux particules de roche en suspension. On y accède par un sentier court mais raide, qui récompense par un silence seulement troublé par le vent dans les mélèzes. Pas de baignade ici, juste l’envie de s’asseoir sur les rochers plats pour observer les reflets mouvants des nuages.
2. Lac du Lou – Les Belleville
Perché à 2 035 mètres, ce lac doit son nom aux loups qui, dit-on, venaient s’y désaltérer autrefois. Aujourd’hui, c’est une étape discrète sur le chemin des randonneurs qui montent vers le col de la Loze. L’eau, d’un bleu-gris métallique, contraste avec les herbes jaunes des tourbières alentour. Le lac est peu profond, ce qui permet de voir les truites fario glisser entre les pierres. Un endroit où l’on s’arrête sans croiser grand monde, même en été.
3. Lac de la Rosière – Courchevel
Moins connu que ses voisins de Courchevel, ce lac situé à 1 950 mètres séduit par son cadre sauvage, à l’écart des remontées mécaniques. L’eau y est d’un vert intense, presque électrique, grâce à la réflexion des épicéas et des rhododendrons qui bordent ses rives. Le sentier qui y mène traverse une forêt clairsemée, où l’on entend parfois le cri des marmottes. En juillet, les rives se couvrent de myrtilles, et l’on peut s’allonger sur les plaques de schiste pour écouter le clapotis de l’eau contre les berges.
4. Le Bouchet – Orelle
Ce lac volcanique, vestige d’un ancien cratère, est une anomalie géologique en pleine Vanoise. À 1 970 mètres, son eau noire, presque noire, absorbe la lumière au lieu de la renvoyer. Les rives, couvertes de blocs de basalte, donnent l’impression d’un paysage lunaire. Le sentier qui fait le tour du lac est court mais technique, avec des passages rocheux qui demandent un peu d’attention. En automne, les mélèzes enflamment les pentes alentour, et le lac devient un miroir parfait pour ces flammes végétales.
5. Lac Bleu – Courchevel
Son nom ne ment pas : à 2 170 mètres, ce lac doit sa couleur turquoise aux sédiments glaciaires en suspension. Contrairement aux autres lacs de Courchevel, il est accessible en télésiège depuis la station, ce qui en fait une balade facile, presque trop fréquentée en août. Pourtant, il suffit de marcher cinq minutes vers l’est pour trouver une crique de galets où l’on peut s’isoler. L’eau y est si froide qu’elle en devient presque douloureuse, mais c’est le prix à payer pour plonger dans un bleu qui semble sorti d’un rêve de montagne.
6. Lac de Tuéda – Les Allues
Le plus grand des six, et sans doute le plus photogénique. À 1 770 mètres, ce lac de barrage naturel s’étire sur près d’un kilomètre, encadré par les sommets de la Vanoise. L’eau y est d’un bleu profond, presque marin, et les reflets des Aiguilles de Péclet y sont si nets qu’on a l’impression de marcher sur le ciel. Le sentier qui en fait le tour traverse une réserve naturelle où l’on croise chamois et bouquetins. En juin, les rives se couvrent de gentianes et d’edelweiss, et le lac devient un lieu de pique-nique où l’on reste des heures, à regarder les nuages glisser sur les parois rocheuses.