Neuf ponts qui racontent la Haute-Savoie autrement
5 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Auvergne-Rhône-Alpes · Haute-Savoie
En Haute-Savoie, les ponts ne servent pas qu’à traverser une rivière ou à relier deux rives. Ils portent des histoires de pierre, de bois, de défis techniques ou de légendes tenaces. Certains se fondent dans le paysage, d’autres s’imposent comme des repères ; tous méritent qu’on s’y arrête pour ce qu’ils révèlent du territoire.
1. Passerelle himalayenne de Bionnassay
À 1 370 mètres d’altitude, cette passerelle suspendue de 140 mètres enjambe le torrent de Bionnassay sans garde-fou. Le vide sous les pieds et le balancement des câbles transforment la traversée en expérience physique, presque vertigineuse. On ne vient pas ici pour admirer un ouvrage d’art classique, mais pour éprouver la montagne autrement, entre adrénaline et contemplation des parois rocheuses qui encadrent le torrent.
2. Pont du Diable
Ce pont de pierre du XVIIIe siècle doit son nom à une légende locale : le diable en personne l’aurait construit en une nuit, en échange de l’âme du premier passant. Aujourd’hui, c’est surtout son arche unique et son emplacement au creux des gorges de la Menoge qui frappent. Le sentier qui y mène serpente entre falaises et forêt, offrant une balade où l’histoire se mêle à la géologie.
3. Le Pont Couvert
Perché à 900 mètres d’altitude dans le village de Bellevaux, ce pont en bois couvert du XIXe siècle est l’un des derniers de son genre en Haute-Savoie. Sa charpente intérieure, visible depuis la route, et son toit de tavaillons (tuiles en bois) lui donnent un charme discret, presque secret. Il enjambe la Dranse de Bellevaux, et son tablier étroit rappelle qu’il était conçu pour les piétons et les charrettes, bien avant l’ère automobile.
4. Le Vieux Pont de Morzine
Ce pont en pierre du XVIIIe siècle, avec ses deux arches inégales, est un vestige des anciens chemins muletiers qui reliaient la vallée à la Suisse. Il a résisté aux crues de la Dranse et aux hivers rigoureux, et son tablier légèrement bombé témoigne des techniques de construction d’autrefois. Aujourd’hui, il est surtout un point de départ pour les randonnées vers les alpages, comme un clin d’œil à son passé de passage obligé.
5. Le vieux pont de Marignier
Ce pont médiéval en dos d’âne, avec ses pierres usées par les siècles, est l’un des plus anciens de la vallée de l’Arve. Il a survécu aux inondations et aux guerres, et son arche unique, presque plate, contraste avec les ouvrages modernes qui l’entourent. Il relie encore aujourd’hui le centre du village à la vieille église, comme un trait d’union entre deux époques.
6. Pont Morens
Ce pont métallique du XIXe siècle, avec ses poutrelles rivetées et son tablier étroit, est un témoignage de l’industrialisation naissante à Annecy. Il enjambe le Thiou, l’émissaire du lac, et son architecture sobre tranche avec les ponts en pierre plus traditionnels. Il est surtout connu des Annéciens pour son rôle dans la vie quotidienne : c’est un passage obligé pour rejoindre le quartier des Marquisats, et son trottoir étroit force les piétons à ralentir.
7. Le Pont de Seythenex
Ce pont en pierre du XIXe siècle, avec ses trois arches élégantes, est un bel exemple d’ouvrage d’art rural. Il enjambe l’Eau Morte, un torrent qui prend sa source dans les Bauges, et son tablier large permet d’admirer le paysage alentour. Il est surtout un point de départ pour les randonnées vers les cascades de Seythenex, où l’eau a creusé des marmites géantes dans la roche.
8. Le Pont Vieux de Cluses
Ce pont en pierre du XVIIIe siècle, avec ses deux arches asymétriques, est un symbole de la ville. Il a été construit pour remplacer un ancien pont en bois emporté par une crue, et son tablier légèrement incliné rappelle les contraintes du terrain. Aujourd’hui, il est surtout un lieu de promenade, avec une vue imprenable sur les montagnes environnantes et l’Arve qui coule en contrebas.
9. Le Pont de l’Europe
Ce pont moderne, avec ses câbles tendus et son tablier en acier, est un symbole de la ville de Bonneville. Il enjambe l’Arve et relie les deux rives de la ville, mais c’est surtout son architecture audacieuse qui frappe. Ses pylônes inclinés et ses haubans donnent l’impression d’un ouvrage en mouvement, comme une porte d’entrée vers la vallée. Il est devenu un repère pour les automobilistes, mais aussi un lieu de promenade pour les habitants, qui viennent y admirer les lumières du soir.