Le Puy-de-Dôme entre mémoire, nature et architecture : une semaine à vivre autrement

12 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Auvergne-Rhône-Alpes · Puy-de-Dôme

Le Puy-de-Dôme entre mémoire, nature et architecture : une semaine à vivre autrement

Cette semaine dans le Puy-de-Dôme, le temps se décline en plusieurs rythmes. Celui, lent et profond, de l’histoire qui resurgit pour éclairer notre présent. Celui, haletant, d’un match de volley où se joue bien plus qu’un simple set. Et celui, plus doux, des pas qui foulent les sentiers ou les pavés, entre botanique et béton. Trois façons de regarder autour de soi, et peut-être de mieux comprendre ce qui nous entoure.

Quand l’histoire nous rattrape

Le 13 octobre, Chamalières accueille une conférence qui sonne comme un rappel nécessaire : « Juin 1940 : des crimes de guerre commis en Auvergne Rhône-Alpes par l’armée allemande ». L’intitulé seul suffit à rappeler que la guerre, ici comme ailleurs, ne fut pas qu’une succession de batailles lointaines, mais aussi une entreprise de terreur systématique. Le sous-titre – « Un exemple de guerre raciale » – laisse entrevoir la dimension idéologique de ces exactions, souvent reléguées au second plan dans les récits locaux. Ce n’est pas une simple évocation du passé, mais une invitation à saisir comment ces événements ont façonné les mémoires, les paysages, et parfois même les silences d’un territoire. À une époque où les témoins directs se font rares, ces conférences prennent une résonance particulière : elles ne contentent pas l’histoire, elles la rendent tangible, presque palpable.

Pour ceux qui préfèrent aborder ces questions à travers le prisme de la fiction, deux films projetés le 14 octobre à Clermont-Ferrand offrent des perspectives complémentaires. « Petite Casbah », adapté d’une histoire vraie, plonge dans l’Algérie de 1955 à travers les yeux d’une enfant, Khadidja, dont le quotidien bascule après l’arrestation de son frère. Le film, accessible dès 6 ans, est une porte d’entrée subtile pour évoquer les mécanismes de la répression et les destins brisés par les conflits coloniaux. Quant à « L’Arabe (The Arab) », il explore, à travers la rencontre improbable entre un vieil homme reclus et un jeune homme dans un bar d’Oran, les non-dits et les solitudes qui traversent les générations. La présence du réalisateur promet des échanges tout aussi éclairants que la projection elle-même.

L’énergie du sport et des grands espaces

Si l’histoire peut peser, le sport, lui, libère. Le 13 octobre, les Panthères du Volley-Ball Club Chamalières affrontent Bordeaux dans un match qui s’annonce électrique. Ce n’est pas seulement une rencontre sportive, mais un moment où se cristallise l’engagement d’un club qui, depuis des années, porte haut les couleurs du volley féminin en Auvergne. Les gradins de Clermont-Ferrand devraient vibrer au rythme des smashes et des contres, dans une ambiance où se mêlent ferveur locale et passion pour le jeu. Pour les amateurs de sport, mais aussi pour ceux qui aiment voir une équipe se battre pour chaque point, ce rendez-vous est une occasion rare de vivre le volley au plus près de son intensité.

La nature, elle aussi, offre son lot d’émotions. Le 14 octobre, deux randonnées permettent de s’immerger dans des paysages où l’homme et la terre ont appris à coexister. À Apchat, le « Cézallier, terre de gentiane » révèle une moyenne montagne où la fleur bleue, symbole de résistance et de tradition, colore les pâturages. Les guides évoqueront son histoire, son rôle dans l’économie locale, et la façon dont elle a façonné les paysages et les savoir-faire. Plus au sud, la « vallée du Madet », près d’Égliseneuve-près-Billom, est un autre visage de la nature préservée : ici, l’eau sculpte les roches, alimente les moulins, et abrite une flore qui se dévoile au fil des pas. Ces randonnées ne sont pas de simples promenades, mais des parcours où chaque détail – une pierre, une plante, un bruit de ruisseau – raconte une histoire.

L’architecture, ou l’art de lire la ville et ses alentours

Le Puy-de-Dôme est aussi un territoire où l’architecture se fait récit. Le 15 octobre, le CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement) propose aux scolaires trois visites pour décrypter des lieux qui, souvent, passent inaperçus. À Clermont-Ferrand, « La Comédie », ancienne gare routière transformée en lieu culturel, est un bel exemple de réhabilitation audacieuse. Les élèves découvriront comment un bâtiment peut changer de fonction tout en gardant l’empreinte de son passé. À Saint-Floret, c’est un « fort villageois » qui se dévoile : ces constructions médiévales, à la fois défensives et communautaires, racontent une époque où la survie d’un village dépendait de sa capacité à se protéger. Enfin, le « site de Sabourin », autre visite proposée par le CAUE, est un témoignage de l’architecture moderne et de ses enjeux : comment un bâtiment peut-il répondre aux besoins d’une époque tout en s’inscrivant dans son environnement ?

Pour ceux qui préfèrent explorer à leur rythme, l’application Archistoire propose un « Parcours autour de l’architecture 20-21e siècle » depuis la gare SNCF de Clermont-Ferrand. En réalité augmentée, elle superpose le passé et le présent, révélant les strates d’une ville qui n’a cessé de se réinventer. Une façon de marcher dans les pas de ceux qui, avant nous, ont imaginé ces rues, ces places, ces bâtiments.

Et si on prenait le temps ?

Cette semaine, le Puy-de-Dôme se parcourt aussi en flânant. À Ménétrol, la Colline de Mirabel et son sentier des orchidées offrent une balade où la botanique le dispute à la poésie. Les orchidées sauvages, discrètes mais tenaces, y côtoient des vues imprenables sur les volcans endormis. Plus au sud, près de Cros, un parcours pédagogique sur les énergies renouvelables permet de comprendre, de façon ludique, comment le territoire mise sur le vent, le soleil et l’eau pour préparer l’avenir. Et pour ceux qui aiment les pierres qui parlent, les abbatiales romanes d’Issoire et de Mozac sont des haltes obligées. La première, avec ses chapiteaux sculptés, est un chef-d’œuvre de l’art roman auvergnat. La seconde, à Mozac, abrite les reliques de saint Calmin et un cloître où le temps semble suspendu.

Cette semaine dans le Puy-de-Dôme, il y a de quoi remplir ses journées, mais aussi de quoi nourrir ses réflexions. Entre mémoire et modernité, nature et architecture, sport et contemplation, le département se révèle sous des angles inattendus. À chacun de trouver son rythme.

Pour en savoir plus

← Toutes nos actualités

🎉 Vous organisez un événements ?

Partagez votre événements gratuitement sur notre site et touchez des milliers de visiteurs intéressés.

➕ Ajouter mon événement