L'Ain en mouvement : quand les mots, les idées et les corps prennent vie
5 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Auvergne-Rhône-Alpes · Ain
Cette semaine, l’Ain se transforme en un terrain de jeu où l’on explore autant les pages des livres que les méandres de la pensée, où l’on danse avec les mots avant de danser tout court. Pas de grands spectacles ni de festivals tapageurs, mais une série de rendez-vous qui misent sur l’intelligence collective, la curiosité et le plaisir simple de se retrouver. Et si la meilleure façon de sortir, c’était d’abord de s’arrêter ?
Le temps des mots : quand la langue devient fête
À Cessy, Festy’Livres revient pour sa 7ᵉ édition le 1ᵉʳ octobre, et cette année encore, le pari est tenu : faire de la lecture un événement joyeux, partagé, loin des bancs d’école et des obligations. BD, mangas, ateliers pour enfants, animations pour ados et adultes — l’idée n’est pas de « consommer » des livres, mais de les vivre. On imagine sans peine les rires des plus petits penchés sur des albums, les ados échangeant des recommandations entre deux étagères, et les parents redécouvrant le plaisir de feuilleter sans compter les minutes. Un week-end où le livre redevient ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un objet de lien.
Le 5 octobre, à Crottet, la Dictée pour tous ! promet de réveiller les souvenirs d’enfance… sans la pression des notes. L’accent est mis sur la bonne humeur, l’entraide, et peut-être même la surprise de se découvrir encore capable de conjuguer un subjonctif imparfait sans trembler. À Prévessin-Moëns, le même jour, le Goûter Philo émotions invite parents et enfants à un exercice plus rare : parler de ce qu’on ressent, sans jugement, sans urgence. Un « pas de côté » comme le dit l’annonce, pour écouter ce qui se passe en soi et chez l’autre. Dans un monde où l’on court souvent sans savoir pourquoi, ces deux rendez-vous rappellent une évidence : prendre le temps de penser, c’est déjà une forme de résistance.
Notre coup de cœur : quand la science s’invite chez Brice
Le 7 octobre, à Ornex, la Fête de la science débarque pour la première fois Chez Brice. Le nom peut prêter à sourire — on imagine un café de village, des tables en formica, des tasses ébréchées —, mais c’est justement cette simplicité qui rend l’événement attachant. La science, souvent cantonnée aux laboratoires ou aux musées, descend dans la rue (ou plutôt dans le bistrot) pour devenir accessible, concrète, presque intime. L’annonce ne précise pas le programme, mais on devine des expériences à hauteur d’enfant, des débats improvisés entre voisins, des questions posées sans complexe. En s’associant à un lieu du quotidien, la Fête de la science gagne en humanité : elle n’est plus une institution lointaine, mais une curiosité à portée de main, un sujet de conversation comme un autre. Et c’est peut-être ça, la vraie magie de l’événement.
Bouger, créer, militer : l’art de se réinventer
L’art, cette semaine, se décline sous des formes inattendues. À Ferney-Voltaire, l’exposition « Cornelia, la militante malgré elle » (visible dès le 25 septembre) met en lumière le parcours de Cornelia Hesse-Honegger, une artiste dont le travail a basculé dans l’engagement presque par accident. Ses œuvres, sans doute aussi poétiques que politiques, racontent une prise de conscience : et si l’art n’était pas seulement beau, mais aussi utile ? À Gex, le 4 octobre, l’exposition Photo Upcycling Fashion Week aborde un autre sujet d’actualité : la mode durable. Les images exposées, capturées pendant la Fashion Week dédiée à l’upcycling, interrogent notre rapport aux vêtements, à la consommation, et peut-être même à la beauté. Deux expositions qui prouvent que l’art, quand il se mêle du monde, peut devenir un miroir — ou un levier.
Pour celles et ceux qui préfèrent l’action à la contemplation, l’Atelier Moov & Flex à Prévessin-Moëns (le 7 octobre) propose une plongée dans les réflexes archaïques. L’idée ? Comprendre comment quelques mouvements simples peuvent éclairer notre rapport à notre corps, à celui de nos enfants, et même à nos émotions. Une approche originale, entre science et développement personnel, qui rappelle que se reconnecter à soi passe parfois par des gestes minuscules.
Et si on prenait l’air ?
Entre deux rendez-vous, l’Ain offre aussi des échappées plus calmes, à savourer sans modération. À Saint-André-sur-Vieux-Jonc, la Bachasse est un de ces lieux où la nature reprend ses droits : une zone humide préservée, idéale pour une balade hors du temps. Plus au nord, l’Abbatiale Saint-Michel de Nantua impressionne par son histoire et son architecture, tandis qu’à Thoissey, l’Allée du Port et ses platanes invite à une flânerie au bord de l’eau, sous une voûte végétale qui change avec les saisons. Enfin, pour les amateurs d’histoire industrielle, l’ancienne scierie de Saint-Germain-de-Joux raconte un autre visage du département, celui des savoir-faire d’autrefois.
Cette semaine dans l’Ain, on ne « sort » pas vraiment : on explore, on discute, on se surprend. Et c’est peut-être ça, la plus belle des sorties.
Pour en savoir plus
- Médiathèque : Cycle art, exposition - Cornelia, la militante malgré elle
- Festy'Livres
- Exposition Photo Upcycling Fashion Week
- Dictée pour tous !
- Goûter Philo émotions
- Papote, un moment pour parler en français
- Conférences et visite à Saint-Denis-en-Bugey
- Fête de la science
- Semaine petite enfant - Animation à la bibliothèque
- Atelier Moov & Flex
- A la découverte de la Bachasse
- Abbatiale Saint-Michel
- Allée du Port et ses Platanes
- Ancienne scierie