Ce week-end dans le Puy-de-Dôme : quand les montagnes murmurent et les cuivres résonnent

28 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Auvergne-Rhône-Alpes · Puy-de-Dôme

Ce week-end dans le Puy-de-Dôme : quand les montagnes murmurent et les cuivres résonnent

L’automne s’installe en douceur sur les volcans endormis, et le Puy-de-Dôme se pare de ses plus belles couleurs pour un week-end où la science, la musique et les légendes se mêlent avec une élégance rare. Entre frissons savants, notes cuivrées et balades qui sentent la terre humide, voici de quoi remplir ces deux jours d’une poésie bien à nous — celle qui naît quand on prend le temps de lever les yeux vers les collines ou de tendre l’oreille aux récits du passé.

Le coup de cœur : quand Vulcania joue à se faire peur (sans tricher)

Si vous ne deviez retenir qu’une seule proposition ce week-end, ce serait celle-ci : « Les Six Trouilles du Pr Yapadrisk » à Vulcania, le 17 octobre. L’idée est maligne : transformer un parc dédié aux sciences de la Terre en terrain de jeu pour Halloween, sans tomber dans les clichés du déguisement cheap ou des citrouilles en plastique. Ici, c’est la science elle-même qui déraille — plantes carnivores qui n’attendent qu’un faux pas pour se refermer, formules chimiques égarées entre deux expériences ratées, et un professeur aussi génial qu’étourdi. Le résultat ? Une chasse au trésor où l’on apprend sans s’en rendre compte, où l’on rit des situations absurdes, et où l’on ressort avec l’impression d’avoir vécu une aventure plutôt que d’avoir simplement « fait une sortie ».

Ce qui frappe, c’est la façon dont Vulcania réussit à rendre l’effroi intelligent. Pas de jump-scares faciles, mais une atmosphère où chaque détail — une ombre qui s’allonge, un bruit de pas dans un couloir désert — devient une énigme à résoudre. Et puis, avouons-le : il y a quelque chose de profondément satisfaisant à voir des enfants (et leurs parents) se prendre au jeu de la démarche scientifique, même quand elle prend des airs de farce. Le parc a ce talent unique de rendre accessible ce qui pourrait sembler aride, et cette édition d’Halloween en est la preuve éclatante.

Les cuivres prennent le pouvoir aux Martres-de-Veyre

Pendant ce temps, à une trentaine de kilomètres de là, les Martres-de-Veyre s’apprêtent à vibrer au rythme d’un festival aussi pointu qu’enthousiaste : le Gergobrass, du 24 au 31 octobre. Imaginez : sept jours durant lesquels les cuivres — trompettes, trombones, tubas et autres cors — envahissent les rues, les salles et même les cafés du village. Ce n’est pas un simple festival, c’est une célébration d’un instrumentarium souvent relégué au second plan, alors qu’il porte en lui une puissance émotionnelle rare.

Ce qui rend Gergobrass si particulier, c’est son ancrage local. L’événement est né de l’initiative de l’École de musique Mond’Arverne-Gergovie, qui a décidé de mettre en lumière ces instruments avec une ambition démesurée : réunir 110 artistes, du débutant au virtuose international, pour des concerts qui iront du classique au jazz, en passant par des créations contemporaines. Le festival a cette générosité qui caractérise les petites structures : il ne se contente pas de proposer des spectacles, il crée du lien, il donne envie de s’asseoir dans un coin et d’écouter, simplement, ces notes qui résonnent contre les murs de pierre des vieilles maisons.

Si vous hésitez encore, sachez que le festival a aussi cette qualité rare de ne pas se prendre au sérieux. Entre deux concerts prestigieux, on peut tomber sur un atelier improvisé dans un bistrot, ou sur une fanfare déambulatoire qui transforme la place du village en scène à ciel ouvert. C’est ça, la magie de Gergobrass : il rappelle que la musique, avant d’être un art, est d’abord un langage universel.

Balades d’automne : quand les pas racontent des histoires

Pour ceux qui préfèrent les espaces ouverts, le week-end s’annonce riche en promenades où la nature et l’histoire se répondent. Le 30 octobre, deux randonnées se distinguent par leur capacité à éveiller l’imaginaire. D’abord, « Sur les pas du colporteur des jasseries » à Valcivières, une balade qui suit les traces de ces marchands ambulants qui, autrefois, reliaient les fermes d’altitude aux villages du Forez. Le sentier serpente entre les estives et les hameaux, et l’on se surprend à imaginer le poids des ballots sur les épaules de ces colporteurs, le bruit de leurs pas sur les chemins pierreux, les histoires qu’ils colportaient avec leurs marchandises.

À Boudes, c’est la Vallée des Saints qui attend les marcheurs. Le site, l’un des plus remarquables du département, prend des allures de tableau à l’automne : les couleurs flamboyantes des feuillus contrastent avec les roches volcaniques sombres, et l’on se prend à chercher, entre les arbres, les silhouettes des « saints » — ces formations rocheuses qui ont donné son nom à la vallée. La balade est courte, mais elle a cette qualité des paysages qui marquent durablement : on en ressort avec l’impression d’avoir marché dans un lieu hors du temps, où chaque rocher semble porter une légende.

Clermont-Ferrand, entre art contemporain et cinéma pour les petits

En ville, Clermont-Ferrand ne manque pas d’idées pour occuper les esprits. Le 27 octobre, l’École Supérieure d’Art de Clermont Métropole propose une exposition intrigante : « Carte blanche au collectif Tizintizwa », dans le cadre du cycle « Archives/Dormance ». Le collectif, connu pour son travail sur la mémoire et les récits oubliés, investit les espaces de l’école avec des installations qui jouent sur l’idée de ce qui dort, de ce qui attend son heure pour resurgir. L’exposition s’accompagne de résidences, de workshops et d’une programmation cinéma, le tout conçu comme une exploration des strates invisibles qui composent notre histoire collective. Un rendez-vous pour ceux qui aiment l’art quand il pose des questions plutôt que quand il se contente de décorer.

Pour les familles, le cinéma Les Ambiances propose deux séances de Ciné pitchouns le 30 octobre. D’un côté, « Chien bleu et autres belles histoires de l’école des loisirs », une plongée dans l’univers poétique et un peu décalé des albums jeunesse, où l’on croise une oie en quête d’une chaussette verte et un ourson amoureux d’un bonnet. De l’autre, « Un amour d’épouvantail », l’histoire de Betty et Harry, deux épouvantails dont le mariage tourne au fiasco quand Harry disparaît à la veille de la cérémonie. Deux films qui rappellent que le cinéma pour enfants, quand il est bien choisi, parle aussi aux adultes — avec cette touche de mélancolie douce qui fait tout son charme.

Et si vous prolongiez le week-end ?

Si ces propositions vous ont donné envie d’explorer davantage, le Puy-de-Dôme regorge de lieux qui méritent le détour, même en dehors de ce week-end précis. À Ménétrol, la Colline de Mirabel et son sentier des orchidées offrent une balade bucolique où l’on peut observer, au printemps, une flore rare et protégée. À Cros, un parcours pédagogique sur les énergies renouvelables permet de comprendre, de façon ludique, comment le territoire mise sur l’innovation pour préserver son environnement.

Pour les amateurs d’histoire, l’abbatiale romane Saint-Austremoine à Issoire est un joyau de l’art roman auvergnat, avec ses chapiteaux sculptés et son atmosphère sereine. Non loin de là, l’abbatiale Saint-Pierre de Mozac impressionne par la richesse de ses décors et la puissance de son architecture, témoin d’un passé monastique florissant.

Ce week-end dans le Puy-de-Dôme, c’est l’occasion de se laisser surprendre par la diversité des propositions : entre la rigueur scientifique de Vulcania, l’audace musicale de Gergobrass, la poésie des balades automnales et la profondeur des expositions clermontoises, il y a de quoi satisfaire toutes les curiosités. Alors, à vos agendas : l’automne, ici, se savoure sans modération.

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